Quelles sont les causes et les phases d’un burn-out ?

Dans cet article, je vais vous parler de la façon dont le burn-out se manifeste et de ce qu’on peut faire après un burn-out pour se reconstruire. Le bilan de compétences peut être une belle opportunité pour retrouver un équilibre et envisager un avenir professionnel plus serein et épanouissant.

Burn-out professionnel

Qu’est-ce qu’un burn-out professionnel ?

Selon la Haute Autorité de Santé et d’après la définition des chercheurs Schaufeli et Greenglass le burn-out se traduit par

« un épuisement physique, émotionnel et mental qui résulte d’un investissement prolongé dans des situations de travail exigeantes sur le plan émotionnel ».

Mon témoignage

Cela m’est arrivé plusieurs fois d’accompagner des personnes ayant vécu un burn-out, et j’en ai fait moi-même l’expérience en 2019.

Personnellement, mes premiers signes ont été une contracture du cou qui a duré plus d’un mois et qui persistait même pendant les vacances d’été. Puis sont apparues des insomnies, qui se sont installées progressivement, une sensation de gorge serrée, et une fatigue croissante qui me donnait envie de dormir pendant les week-ends, sans pour autant me ressourcer. Au travail, une organisation qui changeait très rapidement et une charge de travail excessive m’ont poussé à travailler comme « une machine »: j’exécutais toutes mes tâches sans prendre des moments de plaisir, avec des to-do lists infinies. Un manque de joie et un stress chronique  s’étaient installés, ainsi qu’une perte de sens dans ce que je faisais. Il me manquait la joie en général, et il devenait même difficile de supporter les cris de joie de mes enfants. Une nuit, en regardant dehors par ma fenêtre, j’ai su que je ne pouvais pas aller au travail le lendemain. J’étais épuisée et perdue.

J’aurais voulu que le médecin m’explique ce qui m’arrivait, moi qui avais relevé des nombreux défis, appris à travailler dans une nouvelle langue, changé d’entreprise plusieurs fois. Différentes étapes se sont succédées : l’arrêt maladie, les ateliers de l’Apec, le psychologue du travail, le sport, la musique, mettre des mots sur le burn-out, rencontrer des gens vivant la même chose, comprendre petit à petit les causes, et faire des activités manuelles.

Quelque mois après le burn-out, je me sentais mieux et j’ai décidé que le moment était venu pour moi de faire un bilan de mon parcours professionnel, de mettre à plat mes compétences et de me faire accompagner par une coach, pour être guidée et soutenue. Plusieurs fois, j’avais essayé seule de changer de métier, mais cela avait été trop difficile d’y voir clair. Pendant quatre mois, je me suis concentrée sur moi-même, j’ai suivi la démarche du bilan de compétences, j’ai appris beaucoup de choses sur moi, j’ai exploré différents métiers, et j’ai retrouvé confiance notamment grâce au regard bienveillant de ma coach. Les symptômes physiques de mon burn-out ont disparu après un an. Pour dire qu’un corps qui a souffert pendant longtemps prend son temps pour se rétablir.

Le bilan de compétences après le burn-out m’a permis d’être sûre d’aller vers le nouveau métier que j’avais choisi, de ne pas me sentir seule dans cette décision. Il m’a donné la méthode pour choisir et le courage et la force pour avancer.

Burn out

Quelles sont les causes de l’épuisement professionnel ?

Christina Maslach est une psychologue sociale américaine célèbre pour avoir développé le concept du burn-out au travail et pour avoir créé le Maslach Burnout Inventory (MBI), un outil de mesure du burn-out utilisé dans le monde entier.

Elle établit que le burn-out provient donc de la rencontre entre un individu et une situation de travail dégradée. 

Les principales causes qu’elle a identifiées à travers ses recherches sont :

    1. L’absence de satisfaction personnelle ou du sentiment d’accomplissement dans son travail. Si un employé n’a pas de sentiment de progression, de reconnaissance personnelle ou de réussite, cela peut affecter sa motivation et sa santé mentale.

    1. Une charge de travail excessive. Lorsque les employés sont constamment soumis à des exigences de travail trop élevées, avec peu de temps pour récupérer, ils peuvent se retrouver épuisés émotionnellement et physiquement.

    1. Un manque de contrôle sur son travail ou de pouvoir décisionnel peut engendrer un sentiment d’impuissance et de frustration.

    1. Un manque de reconnaissance ou d’appréciation de l’effort fourni peut être démoralisant.

    1. Le manque de clarté dans les rôles ou les attentes professionnelles. Si les employés ne savent pas précisément ce qu’on attend d’eux, cela peut générer du stress, de la confusion et de la frustration.

    1. Le conflit entre les valeurs personnelles et celles de l’organisation.

    1. Le manque de soutien social, que ce soit de la part des collègues ou des supérieurs. Le soutien émotionnel et pratique est crucial pour faire face aux défis au travail.

    1. Gérer des émotions fortes chez les autres ou être constamment confronté à la souffrance peut créer une déconnexion émotionnelle (dépersonnalisation).

En accord avec la théorie de la PROCESS COMMUNICATION et par ce que j’ai pu constater pendant mes accompagnements, j’ajouterais que les personnes très investies dans leur travail, animées par le souci du travail bien fait, en quête de reconnaissance pour la qualité de leurs réalisations sont particulièrement vulnérables à l’épuisement professionnel. Leur perfectionnisme, leur besoin de contrôle et leur engagement sans relâche les amènent au surmenage professionnel, jusqu’à aller à l’épuisement émotionnel et physique.

Quelles sont les 4 phases du burn-out ?

L’épuisement professionnel n’est pas soudain, c’est un processus progressif et souvent insidieux.

Les 4 phases du burn-out

1. L’investissement excessif 

🔹 La personne est très engagée, passionnée par son travail, prête à fournir beaucoup d’efforts.
🔹 Elle veut bien faire, accepte de nombreuses responsabilités et a du mal à poser des limites.
🔹 Souvent, elle néglige son équilibre de vie (sommeil, loisirs, vie sociale) au profit de son activité.

2. La phase de surmenage

⚠️ La fatigue s’accumule et devient chronique.
⚠️ Des troubles du sommeil apparaissent, la concentration diminue et les premiers signes de stress se font sentir (irritabilité, anxiété, tensions physiques).

3. La résistance 

🚨 Malgré les signaux d’alerte, la personne refuse d’admettre qu’elle va mal.
🚨 Elle peut minimiser sa fatigue et redoubler d’efforts, en pensant que ça finira par passer.
🚨 On observe parfois un changement de comportement : irritabilité, isolement, perte de plaisir au travail.

4. La phase d’effondrement

❌ L’organisme et le mental ne tiennent plus : la personne s’effondre.
❌ Forte anxiété, crises de larmes, incapacité à travailler, parfois jusqu’à un état dépressif.
❌ Cette phase s’accompagne souvent d’une perte de confiance en soi et d’un sentiment d’échec profond.

 Une fatigue extrême et un besoin impérieux de repos.

❌ Sentiment de vide, difficulté à retrouver du sens dans son travail.

La reconstruction après un burn-out peut être longue et nécessite un vrai travail sur soi (repos, accompagnement, changement de mode de fonctionnement).

Pourquoi l’arrêt de travail est-il nécessaire en cas de burn-out ?

Les personnes qui font un burn-out sont souvent des professionnels très investis, l’idée de demander un arrêt de travail leur paraît inconcevable. Elles le vivent souvent avec une grande culpabilité, voire de la honte.

L’arrêt de travail est incontournable, c’est une mise en sécurité de la personne.  Et se faire accompagner psychologiquement est indispensable pour prendre le temps de :

    • Récupérer et reconstituer ses ressources

    • Réfléchir à ce qui est arrivé et à la place occupée par le travail dans sa vie

    • Travailler sur ses facteurs personnels de vulnérabilité

    • Poser uncadre de réflexion pour se projeter de nouveau dans le travail

    • Retrouver ledésir d’y retourner

    • Et surtout envisager la possibilité du retour au travail

L’épuisement professionnel s’installe progressivement, de façon subtile et difficile à percevoir jusqu’à ce qu’il éclate au grand jour. Connaître ses mécanismes, origines et étapes représente un premier pas crucial pour prendre de la distance avec sa propre situation et identifier les signes précurseurs, tant chez soi que chez les autres. Communiquer, se renseigner et accepter de faire une pause sont des démarches courageuses, non des signes de fragilité. Notre prochain article explorera les voies de reconstruction post-burn-out, la redécouverte du sens et du plaisir au travail, ainsi que le retour à la confiance dans son avenir professionnel.

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